IZWE Focus – Qu’est ce que l’artificialisation des sols?

Pour cet IZWE Focus, nous souhaitons faire un point rapide sur l’artificialisation des sols en France.

Qu’est ce qu’un sol artificialisé?

Selon Eurostat, les sols artificialisés recouvrent les sols bâtis et les sols revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings, chemins…). Le ministère de l’Agriculture en France retient une définition plus large, qui recouvre également d’autres « sols artificialisés », comme les chantiers, les terrains vagues, et les espaces verts artificiels. L’artificialisation correspond à un changement d’utilisation, laquelle n’est pas nécessairement irréversible.

Les espaces artificialisés sont constitués pour deux tiers de sols imperméabilisés (des sols non bâtis comme les routes, les parkings,… et des sols bâtis) et pour un dernier tiers de surfaces non imperméabilisées (essentiellement des sols enherbés en périphérie du bâti comme les jardins, les terrains de sport, les chemins de terre, des chantiers…).

Sol artificialisé et développement durable

La surface de sols artificialisés ainsi que la proportion de sols artificialisés sont deux indicateurs retenus dans le cadre des objectifs de développement durable.

En effet, l’artificialisation du sol ou d’un milieu, d’un habitat naturel ou semi-naturel, implique une dégradation (ou destruction) de sa biodiversité, des cycles naturels associés (cycles du carbone, de l’azote, de l’eau, de l’oxygène…) et de ses qualités biogéochimiques (puits de carbone par exemple).

L’artificialisation s’accompagne généralement d’une perte de capacité d’auto-cicatrisation de la part du milieu (moindre résilience écologique) et à titre d’exemple l’artificialisation de la nature dans les espaces verts, golfs, sur les talus routiers ou par l’éclairage artificiel peut respectivement induire des situations de piège écologique, d’impacts plus ou moins négatifs, de roadkill (animaux écrasés ou blessés par les véhicules), de nuisances et pollution lumineuse, etc.

L’impact est donc bien sur non négligeable, et en France la proportion de sols artificialisés progresse de 0.8% entre 2010 et 2017 (estimation):

Indicateur 11.i2 – Source INSEE

Quelles ambitions?

L’artificialisation des sols concourt à l’ODD11 – Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.

Au travers de cet ODD, à échéance 2030, plusieurs enjeux sont abordés, notamment:

  • Accès au logement décent, 11.1 : D’ici à 2030, assurer l’accès de tous à un logement et des services de base adéquats et sûrs, à un coût abordable, et assainir les quartiers de taudis.
  • Urbanisation durable, 11.3 : D’ici à 2030, renforcer l’urbanisation durable pour tous et les capacités de planification et de gestion participatives, intégrées et durables des établissements humains dans tous les pays.
  • Préservation du patrimoine, 11.4 : Renforcer les efforts de protection et de préservation du patrimoine culturel et naturel mondial.
  • Prévention et limitation de l’impact des catastrophes, 11.5 : D’ici à 2030, réduire considérablement le nombre de personnes tuées et le nombre de personnes touchées par les catastrophes, y compris celles d’origine hydrique, et réduire considérablement le montant des pertes économiques qui sont dues directement à ces catastrophes exprimé en proportion du produit intérieur brut mondial, l’accent étant mis sur la protection des pauvres et des personnes en situation vulnérable.
  • Impact environnemental, 11.6 : D’ici à 2030, réduire l’impact environnemental négatif des villes par habitant, y compris en accordant une attention particulière à la qualité de l’air et à la gestion, notamment municipale, des déchets.
  • Politiques intégrées pour des territoires résilients, 11.b : D’ici à 2020, accroître considérablement le nombre de villes et d’établissements humains qui adoptent et mettent en œuvre des politiques et plans d’action intégrés en faveur de l’insertion de tous, de l’utilisation rationnelle des ressources, de l’adaptation aux effets des changements climatiques et de leur atténuation et de la résilience face aux catastrophes, et élaborer et mettre en œuvre, conformément au Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030), une gestion globale des risques de catastrophe à tous les niveaux.

Quelles réalités?

Une première déjà notée, c’est l’augmentation continue depuis 2010 de la proportion de sols artificialisés en France (+0.8% sur la période 2010-2015).

En parallèle, sur les sols non artificialisés, on peut noter aussi une augmentation de 2010 à 2015 du taux de boisement (+0.8%) mais également une hausse de près de 20% de l’utilisation de produits phytosanitaires sur la même période (source INSEE).

Nicolas Hulot avait pour projet une taxe censée dissuader les promoteurs de construire sur des terres agricoles et des espaces naturels. 2018 devait être une année de réflexion. Rien pour le moment en 2019 si ce n’est des annonces. 

La publication du rapport de l’IPBES du 6 mai va t elle accélérer concrètement les choses?

 

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