IZWE Focus – Les pesticides, quelques publications

Image par skeeze de Pixabay

Les pesticides sont un sujet de société à enjeu majeur, notamment de par leurs impacts plus que négatifs sur la bio diversité et la santé humaine. Nous avons voulu par cette publication collecter quelques publications sur le sujet, afin notamment d’éclairer le débat actuel sur les limites d’utilisation des pesticides sur les terres agricoles.

Certaines publications ci dessous sont “anciennes”, mais leur éclairage reste hélas d’actualité.

Une définition issue de l’INSERM

Le mot « pesticide », terme générique dérivé des termes latins « caedere » (tuer) et « pestis » (fléau), intégré à la langue anglaise dès les années 1940, puis à la langue française à la fin des années 1950 est utilisé aussi bien dans le langage courant que scientifique.

Les pesticides ont comme caractéristique principale de lutter contre des organismes nuisibles (animaux, végétaux, champignons) mais ils peuvent aussi réguler la croissance des végétaux, avoir des propriétés défoliantes ou dessicantes, ou encore améliorer le stockage ou le transport des produits de culture.

Leurs définitions précises et leurs classifications sont diverses en fonction des contextes d’utilisation et des réglementations. Ainsi, les pesticides peuvent être regroupés selon leurs cibles principales : les herbicides ou désherbants, les fongicides (pour lutter contre les champignons), les insecticides ou produits anti-parasitaires, les acaricides, les rodenticides (contre les petits rongeurs), les nématicides (contre les vers), les mollusciscides (limaces)…

Les pesticides peuvent être également regroupés selon les usages auxquels ils sont destinés : cultures végétales, entretiens d’espaces verts, plantes ornementales, voiries, traitement du bois, élevage… Selon leur structure moléculaire et leurs propriétés, ils appartiennent à différentes familles chimiques.

En France, quatre cultures (céréales à paille, maïs, colza et vigne) utilisent près de 80 % des quantités de pesticides pour moins de 40 % de la surface agricole utile. Dans les cultures pérennes, l’utilisation des pesticides est importante alors que la surface totale consacrée à ce type de culture est relativement faible.

Ainsi, la vigne, qui représente moins de 3 % de la surface agricole utile, consomme environ 20 % des pesticides. À l’inverse, les grandes cultures ont une pression d’usage des pesticides plus faible alors qu’elles occupent des surfaces beaucoup plus importantes.

Générations futures – rapport sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes consommés en France, 2019

Après une première édition en 2018, Générations Futures a publié en juin 2019 une nouvelle version de son rapport sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes consommés en France.

L’approche, basée entre autres sur des données DGCCRF, très fouillée et qui permet d’éclairer le consommateur, est faite par fiches fruits et légumes, et couvre une période d’étude de 2012 à 2017.

Le rapport est téléchargeable ici.

EFSA – Résidus de pesticides dans les aliments : le point sur la situation en 2017 dans l’UE, 2019

L’European Food Safety Autority publie sa dernière édition du rapport annuel de l’UE sur les résidus de pesticides dans les aliments.

Un parallèle intéressant est à faire avec la publication de Générations Futures. Selon le rapport de l’EFSA, près de 96% des échantillons alimentaires se sont avérés exempts de résidus de pesticides ou contenaient des traces de résidus conformes aux niveaux légalement autorisés.

Toutefois, en zoomant, grâce à l’outil permettant de voir un coup d’œil les résidus de pesticides dans les aliments mis en ligne par l’EFSA, sur les fruits et légumes, la situation est moins rose en Europe qu’en France.

Pour Générations Futures, sur les 6 années couvertes par l’étude, ce sont en moyenne 71,9% des échantillons de fruits qui contenaient des résidus de pesticides avec 2,9% de dépassement de la Limite Maximale en Résidus (LMR). Pour les légumes, la moyenne est de 41,3% des échantillons concernés et 3,4% de dépassement de LMR.

Pour l’EFSA, c’est 4.8% de tous les échantillons de légumes qui dépassait la LMR, et 5% pour les fruits.

INSERM – Pesticides : Effets sur la santé, 2013

Dans un rapport de 2013, l’INSERM présente un rapport d’expertise collective sur les pesticides et leurs effets sur la santé.

Même s’il date, ce rapport de plus de 1 000 pages est à mon sens éclairant, par son approche. Y sont abordés l’expologie, l’épidémiologie et la toxicologie.

Lymphomes non‑hodgkiniens, Leucémies, Myélome multiple, Maladie de Hodgkin, Cancers de la prostate, Cancers du testicule, Mélanomes malins cutanés, Tumeurs cérébrales, Maladie de Parkinson, Sclérose latérale amyotrophique, Maladie d’Alzheimer, Troubles cognitifs , Troubles anxio‑dépressifs, Fertilité et fécondabilité, Grossesse et développement de l’enfant, Cancers de l’enfant y sont abordés, incluant les liens avec l’exposition aux pesticides.

Vous trouverez l’étude complète et sa synthèse avec les recommandations associées.

ANSES – Rapport sur les expositions professionnelles aux pesticides, 2016

L’Anses s’est auto saisie en 2011 pour mener une expertise collective visant à identifier, évaluer et caractériser les expositions aux pesticides des personnes travaillant dans l’agriculture. Dans son avis, l’Anses recommande la diminution des expositions par la réduction du recours aux pesticides, ainsi que différentes mesures de prévention. Par ailleurs, l’Agence recommande d’améliorer les connaissances sur les expositions en conditions réelles d’utilisation, dans un contexte où les données disponibles font défaut.

INRA – Les abeilles et les pesticides, 2013

L’INRA a publié un dossier sur les abeilles, intitulé “Abeilles, reines de la survie”.

Un des enseignements de ce dossier est que, en posant des puces RFID sur une population d’abeilles, “les chercheurs ont constaté que l’ingestion de pesticide provoquait un phénomène de désorientation chez l’abeille. L’intoxication aboutit à une mortalité journalière de 25% à 50% chez les butineuses intoxiquées, soit jusqu’à trois fois le taux normal (environ 15% des butineuses par jour).”

Et pour rappel notre publication sur les abeilles sauvages et celle sur l’effet domino de la disparition des insectes.

Bonne lecture!

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