Izwe Focus – Le permafrost (ou pergélisol)

Image par Henryk Niestrój de Pixabay

Alors que les incendies ont fait rage en Sibérie, qui a vu plus de plus de 15 millions d’hectares de taïga brûlés en huit mois en 2019, nous souhaitons faire un point sur le pergélisol (ou permafrost en anglais).

L’emplacement des feux au 4 septembre 2019

Qu’est ce que le pergélisol (ou permafrost)?

Le pergélisol désigne la partie d’un cryosol gelée en permanence, au moins pendant deux ans, et de ce fait imperméable.

Le pergélisol existe dans les hautes latitudes (pergélisol polaire et subpolaire) mais aussi dans les hautes altitudes (parois sub-verticales jusqu’à 3 500 m d’altitude du pergélisol alpin). Il couvre un cinquième de la surface terrestre (25 millions de km²) dont 90 % du Groenland, 80 % de l’Alaska, 50 % du Canada et de la Russie, plus particulièrement dans sa partie sibérienne.

Il est constitué thermiquement de trois couches.

  • La première dite « active » dégèle en été et peut atteindre jusque deux à trois mètre.
  • La seconde, soumise à des fluctuations saisonnières mais constamment sous le point de congélation, constitue la partie du permafrost stricto sensu et s’étend à une profondeur de 10 à 15 mètres.
  • La troisième peut atteindre plusieurs centaines de mètres, voir dépasser le millier de mètres (en Yakoutie), ne connaît pas de variation saisonnière de température et est constamment congelée.

Ce sol gelé comporte en particulier des matières organiques, du méthane, et de fortes proportions de mercure.

Pourquoi le pergélisol est-il dangereux?

C’est par sa fonte que le pergélisol est dangereux, que sa fonte soit provoquée par le changement climatique, l’activité humaine ou des incendies.

Le dégel libère des bactéries qui vont dégrader la matière organique contenue dans ce sol depuis la dernière période glaciaire. Cette dégradation libère ainsi du dioxyde de carbone et du méthane dans l’atmosphère, gaz à effet de serre qui vont eux mêmes amplifier le réchauffement climatique.

De plus, le mercure stocké en grosse quantité dans le permafrost (plus grand réservoir de mercure sur Terre) commence également à s’échapper et à contaminer la chaîne alimentaire en rejoignant les océans.

La libération de virus est une autre conséquence potentielle du dégel du permafrost. Des virus récents pour les couches superficielles, plus anciens, et moins connus, pour les couches plus profondes.

Sa fonte entraîne également des impacts sur les infrastructures et constructions humaines: glissements de terrain qui endommagent les pipeline et oléoducs, bâtiments écroulés, routes et tarmacs instables.

La fonte du pergélisol est donc une “bombe à retardement“, dont l’activité humaine amplifie le risque d’explosion.

Nous vous conseillons la lecture de ce dossier de Futura Science sur le sujet.

Bonne lecture!

Sources: Wikipedia, Geo, ReporTerre, GoodPlanet Info, AFP

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