Izwe Focus – Le Mercosur, quelques clefs d’analyse

Le Mercosur est un bloc économique regroupant plusieurs pays d’Amérique du Sud, à savoir l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela (toutefois suspendu depuis 2016). Des pays sont considérés comme “associés”, tel le Chili, la Colombie, le Pérou ou l’Équateur. Enfin deux pays sont considérés comme observateurs, la Nouvelle Zélande et le Mexique.

Nous vous proposons les différents textes et résumés proposés sur le sujet.

En quelques faits et chiffres clefs, le Mercosur (Mercado Comun del Sur), c’est:

  • Un marché de 260 millions de consommateurs,
  • Le quatrième (ou cinquième selon les sources) bloc économique mondial, avec un PIB annuel de 2 200 milliards d’euros,
  • Des exportations de l’UE vers le Mercosur à hauteur de 45 milliards d’euros en 2018 pour les produits, 23 milliards d’euros pour les services.
  • Des investissements à hauteur de 381 milliards d’euros  de l’UE dans le Mercosur en 2017.
  • Les produits agricoles, boissons, tabacs, produits végétaux, soja, café, la viande et produits animaliers sont les principales exportations du Mercosur vers l’Union Européenne,
  • Les machines, équipements de transports et produits chimiques et pharmaceutiques sont les principaux produits exportés par l’Union Européenne vers le Mercosur.

Par “abus” de langage, le terme Mercosur désigne également l’accord de libre échange entre l’Union Eupéenne et le bloc économique Mercosur. Cet accord a vu ses négociations débuter dès les années 2000.

 

L’accord de libre échange, signé le 28 juin 2019, consiste principalement:

  • En un abaissement des droits de douane de plus de 90% sur certains produits (voitures, pièces détachées, produits pharmaceutiques, produits agricoles, transport,…),
  • Une simplification des procédures douanières,
  • Une facilitation des implantations et de la présence des industries de service,
  • Une facilitation de l’accès aux marchés publics pour les entreprises de l’UE,
  • Un support aux TPE-PME

Le texte de l’accord en français est disponible sur le site de la commission.

Les points clefs sont disponibles sur le site de la commission européenne (en anglais).

Les points clefs spécifiquement français sont également disponibles, nous vous en conseillons vivement la lecture.

 

Focus sur les produits agro alimentaires

Les exportations agro alimentaires de l’UE verront leurs droits de douane supprimés sur 93% de leurs lignes tarifaires. Très peu de produits agro alimentaires sont exclus. 

La viande bovine, les volailles, la viande porcine, le sucre, l’éthanol, le riz, le miel, la maïs doux sont concernés (cf pages 2 et 3 du traité en français).

 

Le développement durable et l’environnement

Contrairement par exemple au CETA et à son chapitre 5, le principe de précaution est clairement exprimé: l’UE et le Mercosur pourront appliquer ce principe afin de se protéger même si cela affecte le commerce.

Par ailleurs, le respect des accords de Paris et de tout autre accord est prévu, empêchant par exemple le commerce de bois illégal, ou de tout autre produit ou espèce acquis illégalement. 

L’accord de Paris est d’ailleurs spécifiquement cité, avec l’arrêt de la déforestation illégale en Amazonie (en particulier au Brésil, la baisse des émissions de GES en Europe et en Amérique du Sud, …

Ces points (et d’autres tel que la thématique Travail) sont résumés dans Ce document de la commission (en anglais).

 

En résumé, nous sommes face à un accord assez purement commercial et libéral, potentiellement fortement asymétrique (en faveur de l’UE).

Si c’est bon pour le commerce et les entreprises de l’UE, nous avons toujours du mal à comprendre comment envoyer des voitures par cargos ou des milliers de tonnes de denrées alimentaires sur d’autres continents peut être bon pour l’environnement et notre planète.

Par ailleurs, si cet accord devait être ratifié, il est dommage que les capitaux injectés dans l’économie sud américaine ne soit pas à minima fléchés sur la protection de l’environnement, et en particulier de l’Amazonie, notamment au vu des prises de position de Mr Bolsonaro ou du récent limogeage du directeur de l’Institut national de recherches spatiales (INPE), Ricardo Galvão.

Et pour finir, le développement de l’économie locale sud américaine nous semble être potentiellement mis à mal par l’implantation de sociétés européennes et par la spécialisation des cultures si par exemple les exportations de soja vers l’EU venait à augmenter fortement.

Nous vous proposons la note de Christophe Ventura, chercheur à l’IRIS, qui même si elle date de juin 2018, et donc pas sur la dernière version du texte, synthétise bien les problématiques de l’accord et de sa négociation, en UE et en Amérique du Sud.

 

Bonne lecture!

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