France Stratégie – Empreinte biodiversité des entreprises

Image par Ashraf Chemban de Pixabay

France Stratégie publie l’avis de la plateforme RSE sur l’empreinte biodiversité des entreprises.

La plateforme RSE a été “saisie par Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire afin qu’elle étudie la prise en compte de l’empreinte biodiversité des entreprises dans leur reporting extra-financier, identifie les bonnes pratiques qui pourraient être généralisées, et apporte des recommandations pour mobiliser les entreprises face à l’enjeu de préservation de la biodiversité.”

L’avis rendu (et volumineux par ses 127 pages) est disponible en téléchargement sur le site de France Stratégie.

Ci dessous, extraits de l’avis, les constats et recommandations.

Les principaux constats

Si la prise de conscience des enjeux liés à la biodiversité s’accroît, l’enjeu reste inégalement appréhendé par les entreprises et dépend grandement du secteur d’activité de l’entreprise et de la réglementation spécifique liée à ce dernier.

De manière générale, la biodiversité est rarement identifiée comme un risque significatif et n’est pas intégrée dans la stratégie d’affaires de l’entreprise. Une minorité d’entreprises explicitent ainsi leurs dépendances vis-à-vis de la biodiversité et les pressions et impacts qu’elles exercent sur la biodiversité.

L’enjeu de la déforestation importée est encore peu repris et son évocation reste fortement corrélée au secteur d’activité (agro-alimentaire, énergie, bois construction, finance).

Des actions et initiatives sont toutefois mises en œuvre et communiquées par les entreprises : d’une part des actions pour préserver les milieux naturels et limiter leurs impacts, au niveau de leurs sites et infrastructures et au niveau des intrants et produits utilisés, et d’autre part des actions auprès des parties prenantes telles que des actions de sensibilisation des collaborateurs, des coalitions d’acteurs et des partenariats en matière de recherche notamment.

De manière générale, les engagements contre la déforestation importée des entreprises donnent lieu à très peu d’information. Les indicateurs utilisés visent essentiellement le suivi des actions mises en œuvre et non la mesure d’un impact sur la biodiversité. On trouve peu d’objectifs chiffrés et de comparaisons dans le temps.

 

Les recommandations

Recommandations au gouvernement :

– (1) veiller à l’exemplarité et à la cohérence des actions de l’État et porter la voix de la France au sein de l’Union européenne et à l’international ;

– (2) favoriser l’engagement des entreprises, notamment en publiant à l’attention des entreprises un guide sur les enjeux, les outils et les indicateurs de la biodiversité, et s’abstenir de retenir un indicateur agrégé unique, qui serait inopérant dans le champ de la biodiversité ;

– (3) développer la recherche et la connaissance de la biodiversité en favorisant le financement de la recherche sur la biodiversité ; intégrer la biodiversité dans l’éducation et les cursus de formation.

Recommandations aux entreprises :

– (4) intégrer les enjeux de biodiversité dans leur stratégie, en s’engageant au plus haut niveau et en analysant l’impact de leurs activités sur les principaux facteurs d’érosion de la biodiversité ;

– (5) mieux intégrer la biodiversité dans le reporting extra-financier ;

– (6) mettre en œuvre des politiques ambitieuses de lutte contre la déforestation importée.

Recommandations aux investisseurs et aux agences de notation :

– (7) prendre en compte les enjeux relatifs à la biodiversité dans leurs analyses extra-financières et mieux communiquer sur leurs attentes.

Recommandations aux fédérations professionnelles :

– (8) développer des outils et des guides d’accompagnement pour aider les entreprises des secteurs à identifier les enjeux relatifs à la biodiversité pertinents et à rendre compte de leurs impacts ; et s’assurer d’une intégration pertinente et précise de ces enjeux dans leurs démarches de référentiels et de labels RSE sectoriels. Recommandations aux organisations syndicales de salariés :

– (9) sensibiliser leurs adhérents aux enjeux de la biodiversité et de la lutte contre la déforestation importée.

Recommandations aux acteurs de la recherche :

– (10) veiller à la pluridisciplinarité des travaux académiques sur le sujet.

Qu’en dire?

Une certaine déception sur les recommandations qui, presque comme d’habitude, ne sont pas contraignantes pour les entreprises, et, par certains cotés, ouvrent la porte au green washing.

La biodiversité est un enjeu “identifié, mais pas toujours perçu comme un risque significatif par les entreprises”, même si certains grands groupes ont complètement intégré les risques pour leurs activités.

Il est à noter que si un certain nombres d’actions sont lancées par les entreprises en lien avec la préservation de la bio diversité, c’est le plus souvent en réponse à la réglementation. D’où l’importance d’être plus contraignant.

Cet avis et ces recommandations viennent toutefois appuyer la plus que nécessaire prise en compte de la préservation de la biodiversité dans les stratégies d’Etat et d’entreprises.

S’il était besoin de le rappeler.

Bonne lecture!

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